proposée par Pascal
Quand j’étais petit, j’avais déjà une passion : l’automobile.
Je suis né au milieu des années 1960, et je possédais une véritable écurie… de petites voitures. Je les faisais rouler sur les rebords des murs et, dans ma chambre, je traçais des circuits partout où je pouvais.
Mais mon grand rendez-vous, c’était la Vogue de la Croix-Rousse.
Là-bas, je pouvais enfin conduire !
Pas besoin de permis. Pas besoin de voiture. Pas même besoin d’un adulte à côté de moi pour me dire : « Ralentis ! ». L’espace de quelques tours de piste, je devenais Niki Lauda
À la Vogue, j’avais mon volant, ma voiture… et la piste pour moi tout seul.
Enfin… presque tout seul.
Ce manège, je l’adorais. Et il existe toujours aujourd’hui : la même piste, les mêmes voitures. Un vrai voyage dans le temps… avec un volant en prime.
À l’époque, j’y passais de longs moments : le jeudi, puis chaque mercredi. Et les tickets de réduction distribués dans les écoles du plateau rendaient les tours de piste plus accessibles. Autant dire que mon budget de pilote était bien géré !
Lors de la dernière Vogue, je me suis arrêté quelques minutes au bord de la piste.
J’ai regardé les voitures… et je me suis revu, petit, prêt à prendre le départ.
Sauf que cette fois, il n’y avait pas de départ.
Quand j’étais enfant, il fallait courir pour décrocher une voiture libre. Aujourd’hui, elles étaient toutes disponibles.
Toutes.
Pas un seul enfant au volant.
Le manège était toujours là, fidèle au poste. Mais il attendait ses pilotes.
Peut-être qu’aujourd’hui, la voiture n’a plus la cote : avec les enjeux écologiques et un maire écolo à la tête de Lyon, même les autos de la Vogue ont préféré se mettre au vert !
C’est sans doute une bonne chose… mais, bon sang, qu’est-ce que je me suis amusé au volant de ces bolides !

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